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Voir son psy en période de confinement, c'est possible…

Mis à jour : févr. 7


 Dans cette période sanitaire compliquée, Les séances psy à distance permettent un suivi psychologique en ces temps où l’anxiété peut s’intensifier et l’isolement déstabiliser.,


«L'anxiété est normale, ne pas culpabiliser de la ressentir, c'est une pression supplémentaire. Laissez la vague passer, relaxez-vous par les moyens possibles et partagez cette émotion pour la comparer avec la réalité des choses. Ça apaise très souvent. Sinon, parlez-nous.» C'est ce que tweetait samedi 21 mars la psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve.

En ces temps de pandémie, la peur se diffuse également. «En ce moment, je conçois largement qu'on ait besoin de parler du coronavirus. Les psychologues ont un travail important en ce qui


concerne l'angoisse, la peur de transmettre comme d'être contaminé», pointe la psychologue clinicienne et psychanalyste Marie-Frédérique Bacqué, spécialiste de la psychothérapie des personnes confrontées à la maladie grave, à la perte, à la mort et au deuil. Sauf qu'en période de confinement les séances de thérapie subissent, comme la psyché, la pression extérieure du Covid-19. «Nous, les psychologues, on n'a pas le droit de recevoir en cabinet», indique sa consœur Anne Belgram-Perkins, spécialisée dans la thérapie centrée sur les émotions (TCE).

Les psychologues comme les psychanalystes n'étant pas des médecins, cela ne rentre pas dans le cadre du motif dérogatoire des déplacements de santé. Les professionnel·les s'adaptent donc, et assurent la continuité des soins à distance, sans en amoindrir pour autant la qualité. «On a vraiment beaucoup de chance, glisse Marie-Frédérique Bacqué. Les patients ont des moyens de communiquer avec des professionnels de la psyché et reconnaissent que, malgré la technologie, l'écoute reste différente de celle de voisins, d'amis…»

Depuis le 25 mars, le gouvernement a aussi mis en place un numéro à appeler en cas de besoin d'un soutien psychologique.

Bonne connexion

Dimanche 14 mars, au lendemain de l'annonce de la fermeture des lieux publics considérés comme non indispensables, Anne Belgram-Perkins a contacté l'ensemble de sa patientèle, par mail ou par téléphone, pour signifier qu'elle adaptait sa pratique: jusqu'à nouvel ordre, elle les recevrait soit au cabinet, comme à leur habitude, soit à distance.

Quand le président, lundi 16 mars, a fait savoir que le gouvernement mettait en place le confinement –sans jamais en prononcer le mot–, elle a de nouveau joint ses patient·es: cette fois, puisque les consultations ne pourraient se faire en présentiel, elles auraient toutes lieu à distance. «Une fois les choses basiques mises en place, que l'on s'est assuré d'avoir une bonne connexion, en étant proche de la source wifi, que l'on est tranquille et que l'on a fermé les autres applications, c'est un outil agréable qui permet de faciliter la thérapie.»

Tou·tes ses patient·es n'ont pas réagi de la même façon. À chacun·e son choix. Certain·es, «pas à l'aise avec les entretiens à distance», ont interrompu le suivi, le temps du confinement: «Ils préfèrent me voir au cabinet en chair et en os.»

D'autres «auraient bien voulu continuer, mais ils ont leurs enfants à la maison, ce n'est pas confidentiel, et ont préféré suspendre». Si une autre catégorie encore, plus habituée aux nouvelles technologies, ne voit aucun problème à passer à la téléconsultation par le biais d'une application, certain·es n'aiment pas la visio et préfèrent se contenter du téléphone. «Il y a des patients vulnérables sur le plan psychique, qui n'ont pas beaucoup de défense. Outre que certains vivent la fracture numérique, pour ces patients, c'est un changement trop lourd et ils préfèrent le téléphone», souligne Marie-Frédérique Bacqué.

Soutien continu à distance

«En cette période de crise, ce qui est essentiel, c'est de répondre à la demande des patients, de pouvoir les soutenir et ne pas les laisser seuls», appuie Anne Belgram-Perkins. Elle, habituée en temps normal à passer par Zoom, une plateforme sécurisée selon ses termes, est prête en ce moment à utiliser WhatsApp, Skype ou Facetime si Zoom ou d'autres outils professionnels comme doxy.me ne fonctionnent pas. Comme par le téléphone. Ainsi que le formule sa consœur, également familière des téléconsultations, qu'elle pratique avec une partie de sa patientèle et qui aimerait toutefois disposer d'outils qui garantiraient totalement l'opacité et la confidentialité des échanges, «c'est toujours mieux que rien».

Quelle que soit la modalité choisie par les patient·es, l'important, du côté des soignant·es, c'est d'être sécurisant comme transparent. «Pour que ça se passe bien, nous, thérapeutes, qui sommes une base de sécurité et d'attachement, devons être extrêmement rassurants, accentue la spécialiste des TCE. Si nous sommes à l'aise, avons une communication claire à la fois sur le changement de modalité et sommes rassurants par rapport à cette crise sanitaire en donnant des explications claires, alors les patients seront rassurés.» Même vision des choses du côté de Marie-Frédérique Bacqué, qui insiste aussi sur la nécessité, terre à terre, d'être à l'aise avec la bureautique des deux côtés de l'écran.

Du divan à l'écran

Autre point tranquillisant, martèle la psychanalyste, également professeure des universités de psychopathologie clinique à l'université de Strasbourg: «Ce n'est pas une thérapie au rabais. C'est une vraie psychanalyse, même si les gens ne sont pas sur un divan. Le principe de base est de laisser le patient s'exprimer. On utilise la théorie psychanalytique, le principe de libre association, l'analyste est inconditionnellement présent… En téléthérapie, les échanges sont d'une qualité similaire à celle en présentiel. L'espace psychique de la consultation est virtuel mais non moins réel, la qualité de la parole et la potentialité de l'interprétation ne changent pas. Et les gens ont toujours la même volonté de se soigner et d'aller mieux.»

Comme le détaille Anne Belgram-Perkins, «on se voit de la taille jusqu'en haut, il n'y a pas besoin de voir les pieds, car tout ce qui est non verbal reste visible, les expressions du visage, la présence émotionnelle». Avec une semaine de recul, ses patient·es nouvellement téléconsultant·es sont même agréablement surpris·es: «Les personnes pour qui c'est une nouvelle façon de travailler me disent: “Ah oui, je vous retrouve bien.”» Et songent parfois poursuivre post-confinement et ponctuellement ce nouveau mode de consultation, individuelle ou conjugale, car il permet d'éviter le stress des déplacements comme celui généré par la garde d'enfants.

Quant à celles et ceux qui se sentent particulièrement vulnérables en ce moment, Anne Belgram-Perkins projette soit d'augmenter la fréquence des séances pour qui a le budget et le temps, soit, pour les autres, de couper les séances en deux et de les répartir sur la semaine, de façon à assurer un contact plus régulier et couper ainsi court à l'isolement. Au lieu d'une heure par exemple, ce serait deux fois une demi-heure. «Je n'ai pas encore eu à la proposer [...], mais je l'ai en tête. Nos collègues italiens ont fait ainsi et j'envisage de le proposer aux personnes isolées qui en auraient besoin. Cela permet de traverser une crise.» Même à distance.

lire également: "thérapie en ligne comment ça marche?" "Avec le Covid 19, la psychanalyse fait sa révolution"


Peut-être est-ce le moment de vous donner la liberté de parler librement, sans censure, ni contrainte, d'évacuer ce sentiment qui vous happe par la parole.

Grâce à la consultation en ligne, vous pouvez sans doute plus aisément donner libre cours à vos pensées en toute discrétion, en bénéficiant d'une écoute bienveillante qui ne soit ni dans le jugement, ni dans les a priori.

http://www.slate.fr/story/188973/psychotherapie-confinement-teleconsultation

Daphnée Leportois


La plupart des psychologues et psychothérapeutes proposent aujourd’hui leurs services en ligne. Mais peut-on véritablement se soigner via une webcam ? Ce mode de communication modifie-t-il le déroulé de la consultation ? A quels types de problèmes cela peut-il s’adresser ? Et à l’inverse, quand vaut-il mieux consulter en face-à-face ?

Sommaire

  1. "On peut se soigner par le Web !"

  2. Est-ce pour tout le monde  ?

  3. Comment se déroulent les séances ?

  4. Des avantages pour le patient comme le psy

  5. Les cas où il vaut mieux consulter en face-à-face

  6. "un investissement plus grand du thérapeute"

  7. Des tarifs moins onéreux

  8. Choisir un bon thérapeute en ligne

  9. Des adresses fiables vers lesquelles vous diriger

"On peut se soigner par le Web !"

Quelques clics suffisent aujourd’hui pour prendre contact avec un psychologue et obtenir une consultation privée sur Internet. Balbutiante il y a dix ans, cette pratique s’est généralisée. La plupart des thérapeutes proposent désormais cette option, plus adaptée semble-t-il, aux attentes des patients.  “Les modes de communication ont beaucoup évolué ces dernières années et la psychanalyse, comme beaucoup d’autres types de soins, a dû s’ajuster pour faire face à ce changement, note Coraline Collet, psychologue à Marseille. Les patients eux-mêmes sont volontaires et en font la demande : on est obligé de leur apporter ce service en réponse".

Aujourd’hui, la thérapie en ligne a trouvé sa place. A ses débuts considérée comme complémentaire de la thérapie en cabinet (car marginale), elle ne se présente plus comme un premier pas avant une consultation en face-à-face. "La psychanalyse par webcam est aujourd’hui un vrai travail de thérapie, souligne la psychologue. Elle est exercée avec le même sérieux qu’une thérapie classique. Le soutien est identique, à quelques détails près. Si elle est pratiquée régulièrement par le patient, ses effets sont aussi bénéfiques. Aujourd’hui, oui, on peut se soigner par le Web !".


Est-ce pour tout le monde  ?

Forte de son succès, la psychanalyse en ligne attire ainsi plutôt des patients jeunes (20-45 ans en moyenne), hommes et femmes indifféremment (ces dernières étant toujours plus nombreuses à consulter, de manière générale), maîtrisant les outils de connexion. Elle est utile dans de nombreuses situations : quand on a déménagé et que l’on souhaite continuer à consulter le psychologue avec lequel on est à l’aise. Quand on est sans cesse en déplacement professionnel ou lorsque l’emploi du temps est si serré que l’on peine à dégager du temps pour soi. "Pouvoir caser une consultation sur le temps du déjeuner, parfois au dernier moment, est appréciable, remarque Coraline Collet. Même chose pour les mères au foyer qui ne peuvent pas consulter car elles n’ont pas de relais pour garder leurs enfants : grâce à la téléconsultation, elles peuvent le faire pendant la sieste des petits. Sans cette possibilité, beaucoup de gens ont du mal à consulter, simplement à cause de difficultés organisationnelles". Mais pas seulement.

Cette option arrange aussi les personnes qui ont du mal à se déplacer ( handicap, troubles paniques tels que l’agoraphobie), celles pour qui il est compliqué d’affronter le regard d’un psy (ex : perversions et troubles sexuels), mais aussi les expatriés.  “Beaucoup d’étudiants en Erasmus consultent via ce biais, confirme la thérapeute. Outre la facilité d’accès à la consultation, ils apprécient de pouvoir se confier dans leur propre langue, cela leur manque au quotidien.”


Comment se déroulent les séances ?

Généralement, le premier contact se fait par e-mail. "C’est plus rapide, plus léger, surtout pour les gens qui ont du mal à téléphoner, poursuit Coraline Collet. Cela permet de prendre quelques renseignements, d’amorcer la démarche en douceur, de savoir si l’on a ou non le feeling avec le thérapeute, de se donner un peu de temps pour se décider…". Le plus souvent, le psychologue explique comment va se dérouler le suivi : combien de temps va durer la consultation (entre 50 minutes et 1 heure en général), comment se feront les échanges. Les modalités pratiques sont posées (et notamment, quel sera le logiciel de connexion utilisé). Lors du premier entretien, comme en cabinet, le thérapeute prend quelques renseignements pour mieux connaître le patient : quel est son parcours ? Pour quel motif consulte-t-il ? Qu’attend-t-il de la thérapie ? "Ensuite, il s’agit d’un échange suivi, qui se déroule de la même manière qu’en cabinet, décrit Coraline Collet. Pour ma part, je reste toujours joignable par e-mail après les séances, pour pouvoir approfondir certains points. Je donne aussi des petits “exercices” à faire avant la prochaine séance et n’hésite pas à envoyer des documents à la personne pour lui faire comprendre les notions abordées lors de notre échange". Le suivi peut être de courte durée (3 à 4 séances), en cas de problèmes mineurs ( anxiété ponctuelle, troubles du sommeil etc.) ; mais peut aussi s’étaler sur plusieurs mois, si le problème rencontré nécessite un accompagnement plus important.


Des avantages pour le patient comme le psy

La psychanalyse en ligne a ce mérite de faciliter la démarche et de rendre accessible la consultation. Franchir le cap est moins impressionnant. De même "qu’aller chez le psy" semble moins lourd. "La téléconsultation crée une sorte de protection, en particulier pour les gens qui ont déjà eu une mauvaise expérience en cabinet, approuve Coraline Collet. Le patient est chez lui, plus à l’aise. Il se dit que si cela se passe mal, il peut se déconnecter : une option apaisante". Souvent, c’est ce cadre différent, celui du cocon intime, qui invite à la confidence. Dans un lieu où l’on se sent bien, il est plus facile de se livrer. 

Facilité, rapidité, gain de temps sont surtout le trio gagnant de cette nouvelle forme de consultation. E-mail, téléphone ou échange en visio-rendez-vous, en une journée, il est possible de joindre son thérapeute ! Un avantage considérable quand on fait face à une urgence ou à un décalage horaire.  "La thérapie avance d’autant plus vite que l’échange est facile et que le patient se sent acteur de son traitement : c’est lui qui décide quand et où consulter, cela le rassure considérablement", ajoute la thérapeute. Devenu plus joignable, tel un confident privé, le psychologue s’en trouve désacralisé : le patient, ayant certainement moins le sentiment de déranger a alors davantage le réflexe de demander de l’aide en cas de besoin. De son côté, le psychologue tire aussi des bénéfices de cet exercice :"Le gain de temps est valable pour le patient comme pour le thérapeute, confie Coraline Collet.Je peux répondre à mes patients de chez moi, aux horaires qui m’arrangent et parfois plus tard que je ne pourrais le faire au cabinet. Finalement, chacun y trouve son compte !".


Les cas où il vaut mieux consulter en face-à-face

Si la plupart des problèmes trouvent leur résolution en ligne, il existe toutefois des motifs de consultation qui nécessitent un entretien en face-à-face.…

Parfois la consultation en ligne n’est pas assez prise au sérieux par le patient. Celui-ci a du mal à poser le cadre nécessaire à la consultation et l’alliance thérapeutique se révèle difficile à construire pour le thérapeute. "Il se laisse distraire par son environnement, oublie par exemple d’éteindre la télévision pendant la séance, raconte la thérapeute. Ce type de patient a besoin d’un cadre plus rigide, celui du cabinet, pour se poser et consacrer un temps de qualité à la thérapie".


"un investissement plus grand du thérapeute"

La thérapie en ligne modifie-t-elle le travail du thérapeute ? De l’avis de Coraline Collet, oui. Si les questions et l’analyse faite par le psychologue sont les mêmes… Mais le thérapeute doit être plus attentif aux mots employés par le patient, à ses intonations, à sa présence. Il doit également être en capacité de faire plus de relances, ce qui évite les situations de monologue trop long bien connues de la pratique en cabinet ou le patient à l'impression d'être abandonné….


Des tarifs moins onéreux

Du côté des tarifs, les consultations sont souvent un peu moins élevées que celles en cabinet : 50 à 80 € la séance en moyenne. Une différence qui s’explique par l’absence de charges pour le psychothérapeute qui pratique souvent ces consultations de chez lui, en télétravail. La séance se règle en général à l’avance, par carte bancaire, en passant par le site du praticien ou via Paypal. Un moyen de s’assurer que le patient ne prend pas la consultation à la légère et qu’il sera bien au rendez-vous.


Choisir un bon thérapeute en ligne

Mais si la thérapie en ligne incite à se livrer davantage, elle requiert aussi plus de prudence de la part du patient. Difficile en effet de savoir qui l’on a en face de soi : n’importe qui peut se prétendre psychologue sur Internet ! Certaines plateformes invitent même les patients à consulter anonymement.  "C’est un procédé contraire aux règles de la thérapie, estime Coraline Collet.  Dans un vrai travail thérapeutique, les expressions du visage, l’attitude du corps en disent long. Sans ces indices, la consultation ne paraît pas sérieuse. Pour apporter les bonnes réponses, on a besoin de savoir qui consulte : le patient doit jouer le jeu et se dévoiler".

Alors comment être sûr de choisir un bon thérapeute en ligne ? Tout d’abord, consultez le site web du thérapeute : est-il bien présenté ? Fait-il mention du type de thérapie proposée, de ses diplômes ? Ecrivez ou prenez un premier contact par téléphone avant de vous décider...

Ariane Langlois Journaliste spécialisée en santé et psychologie Doctissimo



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https://www.maseancepsy.com



Paul Guidoni

Psychothérapeute, Psychanalyste


Lien: Choisir Son Psy

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